mer 21 fév 2007
Mariage gay en Angleterre : le Vatican envisage le recours à la Cour des Droits de l’Homme
21 02 2007
La Grande-Bretagne vient d'adopter une loi contre les discriminations qui étend le droit d'adopter des enfants aux couples homosexuels. Les agences d'adoption ont jusqu'à 2008 pour appliquer cette loi. Le Vatican considère cette loi comme contraire à la liberté et réclame l'exercice de l'objection de conscience pour les laïcs, médecins, chercheurs ou politiques.
"L'objection de conscience n'est pas une fuite des responsabilités, mais un témoignage constructif accompagné de l'amour de la vérité et du respect d'autrui." affirme Mgr Elio Sgreccia président de l'Académie pontificale pour la vie, qui organise à Rome les 23 et 24 février un congrès international sur le thème « Conscience chrétienne et droit à la vie ». Pour Mgr Sgreccia, le choix du thème du congrès répond à la nécessité de « former la conscience chrétienne » dans les domaines de la bioéthique, « en expliquant ses références, sa nature et ses devoirs à la lumière de la foi ».
« Dans ce domaine de la vie et de la santé se manifestent aujourd'hui de nouveaux cas de figure devant lesquels médecins et corps médical doivent mettre en pratique l'objection », insiste Mgr Sgreccia.
Il affirme que l’Equality Act, le projet de loi anglais contre la discrimination de l’orientation sexuelle, qui pourrait entrer en vigueur le 6 avril « était contraire à la liberté ». Ce décision du gouvernement anglais pourrait contraindre les agences catholiques d’adoption à donner des enfants en adoption à des couples homosexuels ou à fermer.
« Je soutiens, dit Mgr Sgreccia, que l’objection de conscience est pleinement fondée et je m’étonnerais qu’une nation comme la Grande Bretagne, habituellement considérée comme la patrie des libertés fondamentales, refuse cette fois de reconnaître cette objection ».
Mgr Sgreccia évoquait un possible recours devant la Cour des Droits de l’Homme. « Je souhaite, ajoutait-il, que cela n’arrive pas et que cela suscite de toute façon quelque recours à la Cour des Droits de l’Homme, un organisme de justice internationale auquel on peut recourir contre l’Etat qui viole les droits garantis par la Convention pour la sauvegarde des droits humains ».
Pour le président de l’Académie pour la vie, il existe « une tendance en Europe, depuis la Convention d’Oviedo, à ignorer l’objection de conscience ». Cette convention concerne la protection des droits humains et de la dignité de l’être humain quant aux applications de la biologie et de la médecine, approuvée par le Conseil de l’Europe le 4 avril 1997, en Espagne, dans les Asturies, à Oviedo, et constitue une « Charte de la bioéthique européenne ». « Tout va vers l’uniformité, et clairement, l’uniformité suit la majorité, ajoute Mgr Sgreccia.
Il fait observer que « l’objection de conscience ne remédie pas à tout, mais seulement pour celui qui la fait », mais « au moins, elle sauvegarde la liberté de l’individu et de la personne ».
- Source : ZENIT.org, ZF07022002, 20 février 2007
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